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© Thirawatana phaisalratana/Shutterstock.com

Coup de projecteur sur des réponses résilientes dans l’EFTP

La résilience et l’aptitude à maîtriser les bouleversements peuvent revêtir bien des formes. Examiner comment gestionnaires, institutions, enseignants et apprenants de l’EFTP relevant de différents pays et de différents contextes adaptent et transforment leur travail face aux changements soudains, tel est l’un des objectifs du projet de l’UNESCO-UNEVOC Renforcer la résilience de l’EFTP pour une transition juste et durable.

"La question qui aujourd’hui se pose à nous tous est de savoir comment créer des systèmes d’EFTP plus résilients face aux bouleversements et au changement", a déclaré Robert Palmer, expert international en éducation et développement des compétences, à l’une des deux réunions d’experts organisées en août 2022. Plusieurs des intervenants présents ont présenté aux participants des exemples frappants montrant comment ils le font.

Réaction à la pandémie

Comme ailleurs, la pandémie de COVID-19 a causé en Jamaïque d’importants bouleversements de l’EFTP. Les écoles ont dû fermer pendant des mois, l’enseignement devant être dispensé en ligne alors que nombre d’enseignants et d’apprenants n’avaient pas les compétences, et parfois l’équipement, nécessaires.

La pandémie a eu pour autre effet, dans le cas spécifique de la Jamaïque, de stimuler l’émigration que le pays a connue de façon périodique depuis les années 1970. "Lorsque de nombreux pays ont vu leurs travailleurs disparaître parce qu’ils quittaient la population active, ils sont venus recruter à la Jamaïque. C’est ce qui fait que nos travailleurs du tourisme et du bâtiment, notre personnel enseignant et infirmier partent. Nous sommes confrontés à une situation où nous devons en permanence renouveler notre main-d’œuvre", déclare Christene Gittens, Directrice principale de la planification et de la recherche stratégiques chez HEART/INSTA Trust ou HEART, l’agence de développement de l’EFTP de Jamaïque. "Pour un petit pays, on peut s’imaginer quels en sont les effets sur notre productivité et notre économie."

L’organisation a réagi par le lancement de brefs cours permettant aux intéressés d’accéder plus rapidement au marché du travail et par la mise en place d’une offre plus flexible incluant des certifications cumulables et des programmes personnalisés. Une troisième approche a consisté à se concentrer sur l’apprentissage en situation de travail et à s’attacher à le faire en étroit partenariat avec les employeurs. Cette démarche s’est avérée utile lorsque des secteurs tels que le tourisme ont connu une reprise rapide avec le recul de la pandémie.

Lorsque la pandémie a contraint les entreprises à fermer, nombreux chez HEART ont été ceux qui craignaient que la réduction du niveau de l’activité économique n’entraîne aussi une réduction du financement de l’organisation – qui est assuré par une taxe de 3% sur la masse salariale. HEART a réagi en diversifiant son financement, s’efforçant de diminuer les frais de fonctionnement ou même de générer des recettes venant de ses entreprises de formation, dont un hôtel, un salon de coiffure et un atelier automobile. L’hôtel dispose ainsi maintenant d’un spa et d’une salle de sport ouverts au public, avec un nouveau café et une épicerie fine qui ouvriront bientôt. "Nous essayons de faire en sorte que le plus grand nombre possible de nos institutions soient dotées d’entreprises, de telle sorte qu’elles puissent faire l’apport de recettes propres", déclare Mme Gittens "et nous pouvons de cette façon financer des éléments de la formation par cette subvention et réduire ainsi la contrainte sur les 3%".

Elle ajoute: "Pour nous, la résilience représente la capacité à opérer dans un environnement en difficulté en réagissant positivement aux changements avec nos clients au premier plan".

Redémarrage pour migrants de retour

Lorsque l’Inde s’est engagée dans un confinement soudain et strict en mars 2020, il en a résulté un exode massif de travailleurs migrants quittant les grandes villes parce qu’ils se retrouvaient au chômage du jour au lendemain.

Ils ont été des milliers à retourner dans les régions des Sundarbans du Bengale-Occidental, mais pour constater que dans cette région côtière rurale, les compétences qu’ils avaient acquises dans les villes n’étaient guère demandées. "Ces migrants de retour étaient en général électriciens ou ouvriers du bâtiment, mais la demande locale de compétences porte sur l’agriculture ou l’aquaculture", indique Shyamal Majumdar, conseiller au Vivekananda Institute of Biotechnology (VIB), Inde, et ancien directeur du Centre international UNESCO-UNEVOC pour l’EFTP. "Il était impératif d’intervenir immédiatement pour minimiser le déficit de compétences sur le marché du travail", ajoute-t-il.

Avec le soutien du projet de riposte au COVID de l’UNESCO-UNEVOC Renforcer la réactivité, l’agilité et la résilience des institutions d’EFTP pour l’ère post-COVID-19, le VIB a mis en place un projet en cinq phases pour dispenser une formation à l’entrepreneuriat basé sur les compétences aux migrants de retour ainsi qu’aux jeunes défavorisés et déscolarisés précoces. L’objectif était de mettre les intéressés à même de lancer des micro-entreprises axées sur les besoins de l’économie locale pour pouvoir gagner leur vie avec des ressources limitées.

Les confinements successifs ont eu pour résultat que l’apprentissage mixte qui était prévu a dû faire place à des cours dispensés principalement en ligne. "Au début, notre équipe s’est demandé comment toucher en si peu de temps des jeunes qui ignorent tout des compétences numériques", explique M. Majumdar, "mais il a été très instructif pour nous de constater comment les jeunes des zones rurales peuvent s’approprier si vite les compétences numériques".

Comment la technologie peut aider à prendre de meilleures décisions

En Afrique du Sud, l’initiative PSET Cloud vise à exploiter le pouvoir explosif de la technologie pour aider à prendre de meilleurs décisions en matière d’éducation et de travail. Elle espère que dans ce processus, la diminution du déséquilibre des compétences aidera à réduire dans le pays le chômage, qui au troisième trimestre de 2021 était de 34,9%, le taux le plus élevé jamais atteint.

La plateforme agit comme un écosystème intégré de données, qui rassemble des informations sur les tendances du marché du travail, les possibilités de formation et les compétences disponibles, et s’adresse au même titre aux apprenants, aux demandeurs d’emploi, aux éducateurs et aux employeurs.

Il est par trop fréquent que les apprenants suivent des études dans des domaines où la demande est faible et aient alors du mal à trouver du travail. En donnant accès à des informations sur les possibilités d’études et de travail, PSET Cloud vise à permettre aux apprenants de voir où il y a des disparités et de quelles compétences ils ont besoin pour progresser, tout en fournissant aussi aux éducateurs les données nécessaires pour mieux les guider. La plateforme aide également les employeurs à trouver des candidats appropriés et compétents pour les emplois.

Au cours des quatre dernières années, cette initiative gouvernementale a mis en place l’environnement numérique en travaillant avec l’organisme de certification d’Afrique du Sud et les différentes autorités certificatrices. "Nous recherchons un modèle de gouvernance recourant à un modèle organisationnel décentralisé et autonome. En construisant cette plateforme, nous avons aussi bien conscience que même si elle est financée par le gouvernement, cela ne signifie pas qu’elle doit être gérée par le gouvernement seul", déclare James Keevy, Directeur général de JET Education Services.

PSET Cloud s’attache à être d’une portée globale et ne se concentre pas uniquement sur l’éducation et les qualifications formelles. "Les idées que nous avons voulu véhiculer ces dernières années sont que tout apprentissage compte, et que l’essentiel de notre apprentissage intervient hors du système scolaire ou éducatif formel", indique M. Keevy.

Faire de la crise une opportunité

En Inde et ailleurs, l’expérience de l’organisme éducatif sans but lucratif Generation montre qu’une organisation peut transformer les contraintes du confinement en une opportunité de faire face à des problèmes sociétaux.

"Dès que nous avons été confrontés au COVID-19, nous avons compris qu’il nous faudrait faire vite et que nous avions à notre disposition un personnel nombreux qui pourrait utilement être mis en œuvre, puisque tous les centres de formation avaient été fermés par les pouvoirs publics", déclare Vivek Pandit, Directeur général de Generation India.

L’organisation a rapidement mis sur pied un cours en ligne de perfectionnement du personnel infirmier visant à l’aider à appréhender les éléments fondamentaux du COVID-19 et à gérer la maladie; ce cours a été lancé dans six pays. Rien qu’en Inde, plus de 100 000 infirmiers et infirmières se sont inscrits au cours, et 52% l’ont mené à bien.

"Ce qu’il nous a appris, c’est que s’il y a une crise, au lieu d’attendre que les choses s’arrangent, comment faire pour que notre organisme utilise au mieux nos ressources existantes et apporte sa contribution?", indique M. Pandit.

Face aux défis posés par l’adéquation des curricula, des contenus, des compétences d’enseignement et des équipements des apprenants, Generation a adopté une démarche pragmatique de la mise en ligne de ses activités de formation pendant la pandémie.

"Nous avons limité notre gamme de programmes de formation à ceux qui étaient demandés par les entreprises, y compris pour les fonctions d’agents de centre d’appel et de professionnels de la santé. Et nous nous sommes concentrés sur les fonctions qui pouvaient être assumées sans qu’il soit besoin d’une interface physique", déclare M. Pandit. En 2021, l’organisation a collaboré avec le gouvernement indien pour lancer un programme de deux ans visant à transmettre à 30 000 jeunes de groupes à faibles revenus les compétences requises pour trouver du travail sur le marché du travail post-COVID-19.

Un certain nombre d’autres exemples pratiques de ces démarches résilientes – au niveau individuel, institutionnel ou systémique – sont actuellement recueillies par l’UNESCO-UNEVOC dans le cadre du projet. Elles viendront alimenter un guide pratique qui vise à aider les décideurs à construire des systèmes d’EFTP plus résilients et dont la publication est prévue pour 2023.



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